{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"Tisseurs de mots","provider_url":"https:\/\/www.tisseursdemots.org","title":"Alessandro Barrico&nbsp;: Oc\u00e9an mer","author_name":"Rolande Reveyrand","width":"480","height":"295","url":"https:\/\/tisseursdemots.org\/Alessandro-Barrico-Ocean-mer.html","html":"\u003Ch4 class='title'\u003E\u003Ca href='https:\/\/tisseursdemots.org\/Alessandro-Barrico-Ocean-mer.html'\u003EAlessandro Barrico&nbsp;: Oc\u00e9an mer\u003C\/a\u003E\u003C\/h4\u003E\u003Cblockquote class='spip'\u003E\u003Cp\u003EC&#8217;est un livre \u00e9trange au premier abord. Comme la mer, il se m\u00e9rite et s&#8217;apprivoise. Le premier contact est houleux. L&#8217;\u00e9criture suit une lente ondulation et les expressions se r\u00e9p\u00e8tent inlassablement. Sur la cr\u00eate des vagues, la richesse du style et le go\u00fbt r\u00e2peux du sel donnent la naus\u00e9e. On croit qu&#8217;on n&#8217;en sortira jamais et on regrette d&#8217;avoir achet\u00e9 un billet. Puis finalement on s&#8217;habitue et on commence \u00e0 comprendre.\nOn commence \u00e0 comprendre la folie de r\u00e9unir ces personnages dans la pension Almayer. Entre ce peintre cherchant \u00e0 saisir le portrait de la mer, ne tra\u00e7ant sur la toile que des lignes invisibles d&#8217;eau sal\u00e9e, cette petite fille trop sensible que la moindre \u00e9motion risque de tuer, ce scientifique naturaliste collectionnant les lettres d&#8217;amour pour la femme de sa vie en attendant de la rencontrer et tant d&#8217;autres portraits de personnages improbables que seule la perfection du hasard ou la volont\u00e9 du d\u00e9miurge peut r\u00e9unir le temps d&#8217;un roman.\nOn commence \u00e0 comprendre que derri\u00e8re cette po\u00e9sie rimant la fantaisie la r\u00e9alit\u00e9 revient \u00e0 la vitesse d&#8217;un cheval au galop. L&#8217;histoire avec un grand H de ce bateau \u00e9chou\u00e9 au large de la Mauritanie, la trag\u00e9die d&#8217;un radeau symbole du d\u00e9sespoir et de la d\u00e9ch\u00e9ance immortalis\u00e9 par G\u00e9ricault. Contrepoint du chef d&#8217;\u0153uvre pictural, le roman gratte couche apr\u00e8s couche le drame dans sa crudit\u00e9 la plus absolue.\nOn commence \u00e0 comprendre que le personnage principal de l&#8217;histoire ne se cache pas derri\u00e8re les portraits improbables des protagonistes, que ce n&#8217;est pas le drame de la m\u00e9duse, ni m\u00eame la myst\u00e9rieuse pension Almayer ou l&#8217;inconnu dans la septi\u00e8me chambre. Non le v\u00e9ritable personnage du roman, c&#8217;est l&#8217;Oc\u00e9an mer du titre.\nLa derni\u00e8re page tourn\u00e9e, on se sent de nouveau mal \u00e0 l&#8217;aise, une vague de nostalgie venue de nulle part nous emporte. Myst\u00e9rieusement atteint par le mal des marins de retour sur la terre ferme, on r\u00eavasse \u00e0 la beaut\u00e9 du verbe \u00e0 la saveur des mots au go\u00fbt sal\u00e9 du style persistant dans la gorge.\n\u003Cem class=\"spip\"\u003E(commentaire extrait de Babelio)\u003C\/em\u003E\u003C\/p\u003E\u003C\/blockquote\u003E\n"}